La taxe foncière a connu une hausse vertigineuse en 10 ans.
Le 19 ème rapport de l’Observatoire des taxes foncières de l’UNPI le montre : 37% entre 2014 et 2024. Bien plus que l’inflation.
Près de 40% de hausse entre 2014 et 2025 (1,7% + 37%).
- la hausse de l’impôt foncier est 1,9 fois supérieure à l’inflation sur la même période : 19,9 % selon l’Insee
- elle est 4,3 fois supérieure à l’évolution des loyers entre les quatrièmes trimestres 2014 et 2024 (estimée à 8,7 % par l’Insee).
La hausse se limite à 1,7% en 2025. Mais la perspective des élections municipales explique certainement cette modération soudaine.
Les propriétaires sont clairement les variables d’ajustement d’une perte généralisée de pouvoir d’achat des Français. Et, une fois les élections passées, les taux risquent de s’envoler à nouveau.
C’est pourquoi l’UNPI se mobilise sur ce sujet.
Le Rapport de l’Observatoire des taxes foncières fournit une étude précise et exhaustive.
Majoration des valeurs locatives
Au-delà de la hausse des taux locaux (+ 11,2 % entre 2014 et 2024), c’est la très forte majoration légale des valeurs locatives (+ 23,5 % sur la même période) qui explique le dérapage de la taxe foncière.
Indexés depuis 2018 sur l’inflation, les coefficients de majoration ont atteint des records en 2022 (+ 3,4 %), 2023 (+ 7,1 % !) et 2024 (+ 3,9 %). Ce qui explique provoque mathématiquement, même à taux inchangés, une hausse de 15,1 % de la taxe foncière en seulement trois ans. L’UNPI et nombre de députés ont demandé le plafonnement de la revalorisation des valeurs locatives. Un amendement a même été adopté en commission des Finances à l’Assemblée nationale lors de l’examen du Projet de Loi de Finances 2023. Mais sous la pression d’associations représentant les collectivités locales, le Gouvernement s’est opposé à cette réforme.
En bref: tout le monde comprend que propriétaires occupants et bailleurs sont dans une situation intenable. Mais l’essentiel semble être de garantir le train de vie des collectivités locales, sans que l’État n’ouvre son porte-monnaie. La ressource de la taxe d’habitation ayant été asséchée, les propriétaires doivent compenser. Peu importe si cela freine la construction, dissuade la location longue durée ou empêche d’investir dans l’entretien et la rénovation des logements.
Taux des taxes foncières
- Taux moyen de taxe foncière 2024 (France entière): 40,67 % soit 20,34 % du loyer annuel, soit 2,4 loyers (NB: les taux s’appliquent à 50 % de la valeur locative, censée représenter le loyer annuel potentiel de chaque bien immobilier).
- Plus fortes hausses parmi les 50 villes les plus peuplées de France (+ de 90000 habitants) 2014/2024 : Paris : + 88 % (+ 68 % TEOM comprise) Strasbourg : + 56 % (+ 50 % TEOM comprise) (NB: TEOM : Taxe d’Enlèvement des Ordures Ménagères)
- Moins fortes hausses parmi les 50 villes les plus peuplées de France 2014/2024 : Caen : + 21 % (+ 23 % TEOM comprise), Le Havre : + 23 % (+ 21 % TEOM comprise)
Dans les 50 villes les plus peuplées de France
Source : 19eme Rapport de l’Observatoire des taxes foncières l’UNPI, octobre 2025
UNPI-Observatoire_national_des_taxes_foncieres-Oct20250-20251015-UNPI-taxe-fonciere (1)